LA RIGUEUR ? QUE POUR LES SPECULATEURS !

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« Les agences de notation » dont le commun des mortels n’avait jamais entendu parler, feraient la pluie et le beau temps concernant la gestion financière des Etats. Ces systèmes privés de surveillance des débiteurs et des créditeurs ont été mis en place par les E.U.

Loin d’être indépendants, ces outils, pour ne pas inassouvir les banques américaines et par ricochet les européennes, n’ont jamais alerté publiquement sur les risques de l’endettement des acheteurs de logements particuliers. Résultat, cette dette privée s’est traduite en dette publique et le monde régi par l’exclusive loi des marchés financier est passé à deux doigts de la faillite. Cette crise bancaire révélait une crise plus profonde d’un système où la valeur des produits et des services, en d’autres termes la valeur travail, a cédé le pas aux gains spéculatifs, virtuels, indifférents aux réalités. Résultat, toutes celles et tous ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, sont menacés d’être soumis à la diète, à dix ans de rigueur et d’austérité, au chômage et aux fins de mois plus difficiles. Ce sont les peuples qui, en Europe et au-delà, en font les frais !

Ce monde marche à l’envers. Il faudrait, me semble t-il, simultanément à une réorganisation du système financier à l’échelle mondiale, proposer un moratoire de la partie de la dette liée aux politiques de relance des investissements et de l’emploi pour éviter l’effondrement catastrophique de l’activité. Disant cela, je ne dis pas que la question de la dette est secondaire. Mais je crois que celle liée aux réalisations à moyen et long terme mérite une toute autre approche que les discours actuels.

Evidemment, cette partie de l’emprunt devrait être immédiatement gagée sur une taxation des flux notamment à très court terme sur les marchés financiers. Ceux qui font du spéculatif leur fonds de commerce exclusif se moquent comme de leur première chemise des conséquences humaines qui résultent de leurs transactions à la micro seconde.

Oui, je pense qu’il faut prendre l’argent là où il est. Il s’échange par jour plusieurs milliers de milliards de dollars. Ne devrait-on pas les taxer un peu plus que les 0,1% actuellement proposés ?

L’Europe, dans l’immédiat (en tous cas « la zone euro ») devrait créer une agence publique européenne de conseil et de surveillance des banques et des comptes des Etats, afin que soient en permanence informés tous les acteurs de la vie économique et sociale : élus, partenaires sociaux, et que les décisions, y compris celles permettant d’entrer dans la « zone euro », soient prises avec toutes les garanties nécessaires. Bien sûr, rien ne peut se faire à l’échelle d’un seul Etat dans ce domaine sauf à décider le retrait de l’Europe, de l’euro, et à se couper du monde. Mais la parole et l’engagement de la France dans une telle voie auraient le soutien des opinions publiques chez nous et au-delà de notre pays.

Article sur le Nouvel Observateur

Jean-Claude GAYSSOT
Vice-Président

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