L’heure est aux réformes profondes

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La décision grecque de consulter son peuple panique les « marchés » qui à leur tour paniquent les politiques et les grands de ce monde. Décidément, rien ne tourne rond sur la planète financière.

L’Euro et sa zone seraient au bord de l’embrasement. Ce qui réjouit, on s’en doute, tous les chantres des nationalismes et des replis sur soi. « Chacun pour sa peau ! »

Les peuples du monde : des pays en développement, des pays développés, endettés ou pas, devraient vivre une cure d’austérité et la rigueur durant des lustres !

L’heure n’est ni aux replâtrages, ni aux invectives contre un pays qui souffre et contre son gouvernement qui propose de consulter son peuple. L’heure est, me semble-t-il, à engager des réformes profondes visant à réduire durablement les capacités de nuisance des marchés financiers dans leurs dimensions spéculatives. Il ne s’agit pas seulement d’interdire les « ventes à découvert », mais de s’attaquer à toutes les niches d’enrichissement illégitimes. Les transactions financières, celles sur le court terme et surtout celles sur le très court terme devraient être taxées suffisamment. Il convient de tordre le système jusqu’à en changer pour qu’il favorise les activités créatrices de richesses matérielles et immatérielles, le travail et non plus le virtuel et la spéculation.

Voilà plusieurs mois, j’ai avancé l’idée d’un moratoire sur la partie de la dette résultant de l’intervention des Etats après 2008 pour empêcher que le monde ne sombre dans une terrible récession. Evidemment il ne s’agit pas de tirer un simple trait de plumes sur ce fardeau mais de le gager par une taxation à l’échelle mondiale des transactions financières. A commencer par l’Europe. L’Europe est la première puissance économique et commerciale du monde. Bien devant les Etats-Unis et la Chine. L’Europe souffre de quoi aujourd’hui ? De la Grèce qui ne représente que 1% de son PIB ! Foutaises ! L’Europe souffre de son libéralisme et de son manque de solidarité. Je le dis avec force : ce dont nous avons besoin aujourd’hui ce n’est pas de moins d’Europe mais de mieux d’Europe. D’une Europe qui sait tirer les leçons de la crise, qui s’attaque à ses causes, au dumping social, fiscal et monétaire.

Mieux d’Europe ne signifie pas pour moi abandon de souveraineté, mais un partage de souveraineté pour une vraie solidarité populaire et pour une vraie convergence faisant du progrès humain le but des activités. Quelle meilleure cohérence peut-on proposer que celle d’une taxation sur les marchés financiers alimentant les ressources propres du budget européen pour avancer vers ces harmonisations face aux inégalités ? Inégalités qui sont contraires à un nouveau type de croissance durable.

Les pays européens  ont apporté depuis 2008 aux secteurs bancaire et financier 4 600 milliards d’euros. La taxation proposée par la Commission européenne rapporterait entre 50 et 60 milliards par an. Plus personne n’en parle, sauf pour dire une ânerie comme quoi cette taxe ferait fuir les capitaux. La Grande-Bretagne taxe depuis 20 ans les transactions financières, cela n’empêche pas Londres d’être la première place boursière européenne.

Bien-sûr nous devons avoir conscience des obstacles et des forces contraires à ces transformations profondes. Raison de plus pour se mobiliser, pour s’unir, pour s’indigner et se révolter face au mal fait aux peuples et particulièrement aux pauvres et à tous ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. La rigueur pour les spéculateurs, pour ceux qui s’enrichissent en dormant.

Jean-Claude GAYSSOT
Vice-Président

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