Etiquetage de la viande : passer du facultatif à l’obligatoire

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La viande de cheval étiquetée « pur bœuf » dans les lasagnes n’est pas un accident de parcours. C’est le système d’industrialisation de notre alimentation qui est à bout de souffle ; pire, il devient dangereux pour la santé.

Quand la règle européenne est la concurrence libre et non faussée il ne faut pas s’étonner des dérives frauduleuses qui consistent à aller chercher le produit le moins cher.

Comment ne pas s’inquiéter quand le circuit commercial multiplie les intermédiaires entre le producteur et le consommateur au point que ce dernier ignore la provenance des aliments qu’il ingère !

Comment ne pas s’insurger devant la décision de la Commission européenne de donner des farines animales à manger aux poissons !

Cela fait des années que l’étiquetage est matière à discussion entre l’Association Nationale des Industries Alimentaires et le Ministère de l’agriculture. La loi de modernisation de l’agriculture du 27/07/2010 intègre d’ailleurs la question en instituant la possibilité de faire figurer l’origine du produit sur les emballages. Mais cette disposition facultative n’a jamais trouvé de traduction réglementaire.

Il faut immédiatement passer du facultatif à l’obligatoire. Aujourd’hui le Code de la consommation stipule que l’origine d’un produit transformé « peut être » mentionnée sur l’étiquette. Il suffit de remplacer ce « peut être » par le mot « est » mentionnée sur l’étiquette.

Cette réécriture exige de la volonté politique. André CHASSAIGNE, député communiste, demande qu’un rapport sur la mise en œuvre de cette obligation soit remis au Parlement avant fin juin 2013. Il demande également que des moyens conséquents soient apportés aux contrôles, particulièrement aux services vétérinaires qui ont perdu 600 postes d’inspecteurs depuis 2007, et aux services de répression des fraudes.

Il faut en finir avec un système industriel agroalimentaire hors de toute morale et hors de tout contrôle social.

Les salariés du groupe coopératif Lur Berri ne doivent pas trinquer pour des traders et des truands. L’alimentation doit être considérée comme un bien public et le travail des agriculteurs comme une mission d’intérêt général.

Henry Garino
Président du Groupe
Vice-Président

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