Intervention de Josianne Collerais Pour le Groupe Communistes, Républicains et Citoyens

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logo-languedoc-roussillonMonsieur Le Président,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Notre groupe réaffirme qu’une réforme territoriale tant attendue est nécessaire même si d’autres sont toutes aussi nécessaires, je pense notamment à celle de l’assurance chômage qui concerne certes les artistes et techniciens du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel mais aussi beaucoup d’autres personnes, notamment les plus pauvres et précaires. Mais aussi, à celle tant attendue de la fiscalité, pour une société plus juste.

Il est bien que le Président de la République lance enfin ce chantier de modernisation du pays et nous souhaitons qu’il réussisse. Une réforme oui ! Mais pas n’importe quelle réforme et pas n’importe comment !

Le gouvernement doit s’émanciper de tout intérêt partisan, il doit sortir des préoccupations politiciennes et des fausses logiques d’économies budgétaires pour laisser la place aux politiques publiques qui ont du sens, sur lesquelles sont fondées les valeurs de la République et qui placent l’humain, le citoyen au centre des réflexions

Il serait bien inspiré de montrer sa capacité à écouter, à analyser et à répondre à ce qui se passe sur le terrain et précisément dans notre région où le Président C. BOURQUIN pose les bonnes questions comme d’autres présidents ailleurs en France. Avant tout jeu de découpage, il convient de s’attacher à clarifier les compétences, à éviter les doublons entre collectivités et avec l’État, il faut donner des moyens financiers et législatifs aux Régions. Le Languedoc-Roussillon est une Région forte et qui peut encore le devenir plus !

Je voudrais évoquer comme exemple la dynamique de la politique culturelle et patrimoniale qui certes est essentielle pour le soutien aux arts, aux artistes, aux langues régionales et à la connaissance historique mais qui traverse toutes les politiques portées par notre région depuis des années (économie, tourisme, environnement, formation professionnelle, etc..) Nous sommes aujourd’hui la première Région de France en euros par habitant sur ce secteur parce qu’il est essentiel pour notre aménagement du territoire, pour notre économie présentielle, pour marquer notre identité ou pour favoriser la circulation de nombreuses personnes sur notre territoire. La future métropole de Montpellier dans ce paysage est aussi un grand atout pour nous comme le sont Nîmes, Alès, Perpignan, Narbonne, Mende et de nombreuses autres communes et intercommunalités. Qu’est ce que Midi Pyrénées pourra proposer : Toulouse et autour peu d’endroits forts pour la culture, un budget trois fois moins important que nous, des connections moins fortes entre l’État et les villes alors que depuis 2004 nous avons signé de nombreuses conventions d’objectifs et de moyens sur tout le territoire.
Sous l’égide du Président Bourquin, le rééquilibrage entre Montpellier capitale régionale et les autres villes urbaines et rurales s’est encore accentué.

Cette stratégie a été payante. Elle a permis la création effective de 1772 emplois culturels permanents en 7 ans. Plus que les promesses du nouveau contrat d’Airbus !

Tout cela a été faisable car nous avons misé sur la proximité et le dialogue avec les artistes et les collectivités. Comment imaginer cette qualité d’échanges sur 13 départements ?

Comment affirmer une politique forte et une identité quand nos frontières vont aller de Pont Saint Esprit à Cahors ?

Comment porter cette si belle idée de la Méditerranée comme un ciment d’une identité et d’un patrimoine commun emplis de sens et de force alors que les habitants de Midi-Pyrénées sont orphelins de cette histoire et souffrent de cette absence. L’Atlantique leur parle ! Qu’ils l’écoutent !

La culture est une de nos forces ! Affirmons la et refusons de nous laisser tirer vers le bas par une Région Midi Pyrénées qui n’en a pas fait sa priorité. À jouer petits bras, les nécessités budgétaires auront raison du service public et notamment celui de la culture.

Pour demain, dans le Languedoc-Roussillon libre et uni, la culture doit rester centrale et, sur ce secteur, nous demandons que l’État donne des compétences claires et obligatoires et les moyens en relation, qu’il se pose la question de la place de ces services déconcentrés et qu’il joue enfin son rôle de contrôle des normes et des réglementations plutôt que de diviser et engendrer la perte du lien avec ce que l’on appelle les gens.

Oui à une réforme qui clarifie les missions, qui généralise le mieux disant pour l’ensemble des politiques publiques et non à une réforme clé en main, à prendre ou à laisser.

Vive le Languedoc-Roussillon !

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