OUI à la Région Languedoc-Roussillon !

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logo-languedoc-roussillonAprès l’annonce du redécoupage des Régions, si je n’avais regardé que midi à ma porte avec la proximité de Toulouse, je me serais peut-être rangé du côté des partisans de la fusion.
Mais, je ne pouvais pas faire abstraction, et encore moins renier l’énorme travail des élus régionaux et de l’administration pour hisser le Languedoc-Roussillon vers le haut du tableau des Régions.

J’ai le souvenir d’une étude réalisée pour le Sénat sur les dépenses des Régions en 2003-2004 qui, pour le Languedoc-Roussillon, a pointé les retards dans trois compétences centrales que sont les lycées, la formation et le ferroviaire.
Pour rattraper ces retards, cette étude avait chiffré le besoin de financement à 54,2 millions d’euros, soit une hausse de 50% de la fiscalité directe.
De son côté, le Conseil Economique et Social avait lui aussi à l’époque alerté sur les retards pris dans le domaine des compétences obligatoires.

En 10 ans, la majorité régionale a complètement changé la donne. Plus de 80% du budget sont consacrés aux compétences obligatoires.

Avec 966M€, les interventions régionales ont été multipliées par 2.
Le budget d’investissement est à 45,4%, il est aussi élevé que la totalité du budget de 2004.
La Région est devenue le 1ier investisseur public.
Le Languedoc-Roussillon est au 1ier rang des Régions pour l’investissement dans les lycées.

Je pourrais prendre d’autres domaines d’intervention de la Région comme la formation professionnelle, l’apprentissage, les transports ferroviaires.
Je pourrais lister toutes les politiques sociales et innovantes mises en œuvre par notre collectivité régionale.
Je pourrais évoquer toutes les mesures d’aide au pouvoir d’achat dont la ligne budgétaire s’élève à 67M€, soit 25€ par habitant.

Pour toutes ces raisons, avec mes collègues du groupe communistes, républicains et citoyens, nous sommes profondément attachés à cette région. Et nous pensons qu’avec les actions lancées en termes de projets et d’investissements structurants, nous pouvons assurer l’avenir de cette région.

Par contre, avec le projet de fusion, on ne sait pas ce qu’il adviendra de toutes les politiques publiques mises en œuvre par notre Région et de tous les projets et investissements engagés.

On est plus qu’en droit de se poser des questions, on peut même exprimer de vives inquiétudes, car derrière cette réforme territoriale mal engagée, se cache une volonté de réduire de façon drastique les dépenses publiques à l’échelon local et territorial.

De l’avis largement partagé par les présidents de régions, ce n’est pas dans le fonctionnement que l’on trouvera une source d’économie.

De son côté, Marylise Lebranchu, dans un quotidien national du 03 juin, déclarait : « si vous entrez dans la réforme par le prisme des économies, vous allez déprimer tout le monde. »

Même l’agence d’analyse financière Moody’s considère que la réforme des collectivités est peu rentable, sauf selon elle, à engager « de sérieuses réductions dans les coûts…de la masse salariale. » Au risque de porter gravement atteinte à la qualité et à l’efficacité des services publics gérés par les collectivités locales et territoriales.

L’aveu vient de l’ancien ministre du budget, Alain LAMBERT, auteur avec Martin MALVY d’un rapport sur le redressement des finances publiques.
Dans un hebdomadaire, début mai, il a carrément dit que les économies ne se feront pas sur les dépenses de fonctionnement mais sur les politiques que conduisent les collectivités territoriales.

Enfin, l’Association des Régions de France a, dans un document interne, évalué les surcoûts de la réforme en « recensant une longue liste de réalignements sur le mieux disant pour divers postes de dépenses. »

Mais comment les Régions, avec les fusions, pourront-elles s’aligner sur le mieux disant alors que l’objectif affiché du gouvernement est de faire des économies ?

Selon le Secrétaire d’Etat à la réforme territoriale, André VALLINI, l’économie attendue serait de 12 à 25 milliards.

On le voit, si ce n’est pas le mieux disant qui n’est pas retenu, il faut craindre que les politiques publiques conduites par notre collectivité régionale, passent à la trappe de l’austérité.

C’est cela le fond !

Et nous ne pouvons pas accepter qu’au nom de la réduction des déficits publics, la réforme territoriale remette en cause les politiques publiques sociales et innovantes de la Région.

Voilà pourquoi nous voulons que cette région Languedoc-Roussillon continue de tracer sa route pour le progrès social et humain.

Partisans d’une réforme territoriale démocratique et pas technocratique, nous pensons qu’il faut redonner l’initiative aux populations du Languedoc-Roussillon et des autres régions afin qu’elles choisissent en toute connaissance leur futur environnement territorial.

Henry Garino
Président du Groupe
Vice-Président

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