Discours prononcé par Jean-Claude GAYSSOT le 29 août 2014 lors de la cérémonie des obsèques de Christian BOURQUIN à MILLAS (66)

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espoirMonsieur le Premier ministre, Cher Manuel,
Monsieur le Président du Sénat, Cher Jean-Pierre,
Mesdames les Ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents, les Maires, les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis malheureux.

Christian, ce n’est pas bien ce que tu nous fais ! Partir, en nous laissant là, désemparés, au moment où se jouent des enjeux nationaux, européens, pour nos territoires.

Christian, on savait et on voyait ton combat contre la maladie. Mais la confiance et la conscience que tu avais sur l’issue de ce combat nous rassuraient. Je veux parler de tes amis, de tes proches, de ton équipe au cabinet, de la direction des services. Jamais, malgré les rumeurs, je n’imaginais que tu nous quittes aujourd’hui.

En ce mois d’août, les nouvelles étaient mêmes confiantes pour attaquer la rentrée. Tu m’avais fait appeler pour réserver la date du 23 septembre pour une rencontre à Montpellier, avec le Président de l’entreprise Horiba de Kyoto. Il s’agissait de sceller un partenariat de portée mondiale avec notre Université, avec le CHU.

Christian, fallait pas nous faire ça, fallait pas nous quitter.

Je connaissais le Président du Conseil Général des PO. Je savais son combat pour le Train jaune. Je savais par mes camarades communistes, son souci du travail collectif et du nécessaire rassemblement.

Mais c’est à partir de 2004, que je t’ai vraiment connu et côtoyé, lorsqu’avec George FRECHE, nous avons été élus aux responsabilités régionales. Je connaissais un nom, j’ai rencontré un homme. Un catalan fier de l’être et tout autant passionné de République. Un catalan avec son « franc parlé » qui ne mâchait pas ses mots, avec sa voix tonitruante, parfois provocateur mais toujours avec la volonté du « parlé vrai » et de l’intérêt général.

Un Homme, un grand Monsieur, qui a su « transcendanter » comme aurait dit Salvador DALI, sa fierté catalane en fierté pour tout le Languedoc-Roussillon, pour sa capitale et ses villes préfectures, pour ces cinq départements, ces villes moyennes, sa ruralité, pour ses habitants.

Ce n’était pas rien, Cher Christian, de succéder à Georges FRECHE, tenir ses engagements et, comment dire, monter sur ses épaules, pour imprimer ta patte, ta griffe, tes choix, tes projets pour le Languedoc-Roussillon. Chapeau Christian !

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Cet homme que j’ai côtoyé était passionné. Un passionné – y compris sur le plan sportif- qui suivait les résultats de toutes les équipes et de tous les athlètes du Languedoc-Roussillon, du sport amateur au sport professionnel.
Un homme qui ne manquait aucune occasion de nous inviter à escalader avec lui le Canigou.

Un homme de gauche bien sur, un socialiste unitaire, mais un homme qui refuse les doctrines d’appareils. Un homme pour qui la justice sociale, la lutte contre la pauvreté, qui frappe depuis trop longtemps le Languedoc Roussillon ; un homme pour qui le TER à 1€ était porteur de justice sociale et de pouvoir d’achat ; un homme pour qui la lutte contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, pour qui l’emploi et le développement économique, pour qui la culture, la création, la recherche et l’innovation, sont chevillés au corps.

La passion que tu mettais pour la réalisation du Musée Mémorial du Camps d’internement de Rivesaltes, lieu de souffrances terribles et de malheur pour les républicains espagnols, pour la communauté juive, pour les harkis… Cette passion tu nous la transmettais.

Cette passion, tu nous la transmettais aussi, lorsque tu mobilisais la Région en faveur de la jeunesse, en faveur de la culture, en faveur de la lutte contre les inégalités, je pense en particulier aux inégalités hommes-femmes ; en faveur des dépenses d’avenir, de l’investissement, de la croissance et de l’emploi, tu étais fier de montrer que ton budget était équilibré et ouvert. Pour toi, l’attractivité de notre Région (tous les 3 ans l’équivalent d’une ville de plus de 100 000 habitants) n’était pas un handicap, mais une chance qui nous obligeait à innover et à nous surpasser.

L’excellence. Christian, tu visais toi aussi toujours l’excellence pour ta Région, pour ses universités, sa recherche, sa médecine, son théâtre, sa musique. Pour ses trains, des TER à la Grande vitesse, pour ses ports, ses aéroports. C’est au mois de juillet que tu as obtenu de la Commission européenne que 15 millions d’euros soient débloqués pour les Ports de Sète et Port la Nouvelle, et 3 millions pour le Canal du Port à Sète dans le cadre du partenariat européen en faveur du développement durable et de l’environnement.

L’excellence et l’intérêt commun avec BRL, l’irrigation et avec le service public de l’eau, pour lesquels, là aussi, tu te battais avec passion.

Il y a tant à dire sur ton implication dans les domaines majeurs, essentiels pour l’avenir.

La Méditerranée ! Quel chantier formidable tu as ouvert et concrétisé avec le Parc Marin, avec le Parlement de la Mer, avec cette volonté que l’Europe se tourne résolument vers le Sud.

Je pense aussi aux technologies de pointe, aux nano-satellites, à notre rayonnement international et dans le domaine de l’agro-alimentaire.

Je parle du rayonnement international, avec notre marque Sud de France, nos Maisons de la Région à Shanghai, à New York, à Casablanca, à Londres et à Bruxelles, avec l’Eurorégion, mais surtout avec nos milliers de petites et moyennes entreprises, avec nos agriculteurs et nos viticulteurs, avec tous nos créateurs, avec tous nos efforts en faveur du tourisme, tu as porté plus haut notre Région sur tous nos continents.

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Tout cela tu l’as fait en pensant à l’emploi de nos jeunes et de nos seniors, tu l’as fait avec le souci permanent de résoudre l’adéquation entre la formation et l’accès au travail. Domaine où tu as réussi, là encore, enclenché une politique innovante qui associe toujours mieux les besoins d’emplois actuels ou futurs, notamment ceux liés à la transition énergétique avec l’offre de formation et d’apprentissage. Le Ministre de l’Emploi m’a promis de venir en Languedoc-Roussillon pour valoriser ce qui se fait dans ce domaine.

Bien sur, je parle de Christian BOURQUIN, du dirigeant, du Président, de l’élu national, du Président de notre Région, de ses compétences, de ses engagements, de ses convictions, du formidable travail avec les élus et les services de la Région qu’il a accompli en 3 ans, tout en luttant avec courage contre la maladie.

Je parle d’un ami. Notre amitié s’est nourri de tous ces combats et de toutes ces convictions.

Une amitié sincère et chaleureuse, un don en quelque sorte, sans calcul et sans détour, sans attente de retour. Une amitié fondée sur l’attention qu’il portait aux autres, à ceux et celles qui l’entouraient, surtout quand ils étaient dans la peine ou dans la maladie. Avec mon épouse Jacote nous en savons quelque chose.

Une amitié fondée sur le respect de la parole donnée. Il détestait, il abhorrait l’hypocrisie.

Une amitié fondée sur sa disponibilité pour les bons moments, comme pour les pénibles.

Non Christian, il fallait pas nous quitter, il fallait pas nous laisser, seuls, désemparés.

Christian, je te le dis sincèrement, à toutes celles et tous ceux qui ont été à tes cotés, à toutes celles et tous ceux qui, tout sincèrement, te pleurent : « Christian, nous ne t’oublierons pas. »

Christian, nous te serons fidèles, comme tu as su l’être il y a 3 ans,. Fidèle à ta passion pour le Languedoc-Roussillon, fidèle à ton amour de justice, de progrès et de fraternité. Fidèle à ta volonté de promouvoir notre Région, le Languedoc-Roussillon, comme le souhaitait la majorité de nos concitoyens. Ce choix, pour lequel tu as mis toutes tes forces jusqu’au dernier moment avec la volonté de rassembler à gauche et au-delà. Ce choix, je suis sûr que nous serons nombreux à le faire vivre.

A Sophie et à Jordi, à toi Chère Ségolène, qui a, j’en suis convaincu, beaucoup contribué à conforter Christian dans tous ses engagements et à tous ses combats contre la maladie, à toute sa famille, à tous ceux qui t’aiment et qui te pleurent, je vous présente toutes mes sincères condoléances.

Je vous embrasse très fort.

Henry Garino
Président du Groupe
Vice-Président
Jean-Paul BORE
Conseiller Régional
Josianne COLLERAIS
Vice-Présidente
Jean-Claude GAYSSOT
Vice-Président
Béatrice NEGRIER
Vice-Présidente

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